On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans
Arthur Rimbaud est né le 20 octobre 1854, à 6 heures, à
Charleville-Mézières.
Ascendant : 20°22’ Balance. Lune : 6°10’ Balance.
Rimbaud est un brillant élève. Jupiter en Maison III,
sextile à Mercure et trigone à Uranus, favorise notamment son aptitude pour les
langues anciennes, comme le grec et le latin. Jupiter est en chute en
Capricorne, tandis que Saturne est en Gémeaux.
En 1871, il se rend à Paris et se mêle aux révolutionnaires
de la Commune. Le révolté et l’anarchiste qui sommeillent en lui prônent alors
« le dérèglement de tous les sens » : avant l’ordre, le désordre.
Neptune en Maison V, en dignité, favorise l’inspiration
poétique grâce à son trigone à Mercure en Scorpion, qui lui confère également
une intelligence pénétrante. Mais son maître, Mars en Sagittaire, suscite en
lui le besoin d’un « éternel ailleurs » et d’un dédoublement. Il dira : « Je
est un autre. »
Les planètes en chute, Jupiter, Uranus et le Soleil, associées
à la lumière, au guide et à l’espace, indiquent une action dirigée vers le bas
et peuvent éclairer le titre Une saison en enfer. On pense à
l’autodestruction. Mais il trouvera une forme d’ascèse grâce à Saturne, maître
de IV, placé en Maison IX en Gémeaux et trigone à Vénus : la discipline sauve,
tandis que le changement s’accomplit par l’étranger et à l’étranger.
Vénus et Neptune en dignité suggèrent une poésie
harmonieuse, empreinte d’une grande musicalité.
Dès le 15 mai 1871, il écrit à Paul Demeny la fameuse «
lettre du voyant » :
« Je dis qu’il faut être voyant, se faire VOYANT.
Le poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement
de tous les sens. Toutes les formes d’amour, de souffrance, de folie ; il
cherche lui-même, il épuise en lui tous les poisons, pour n’en garder que les
quintessences. Ineffable torture où il a besoin de toute la foi, de toute la
force surhumaine, où il devient entre tous le grand malade, le grand criminel,
le grand maudit, et le suprême Savant ! Car il arrive à l’inconnu !
Puisqu’il a cultivé son âme, déjà riche, plus qu’aucun ! Il arrive à l’inconnu
; et quand, affolé, il finirait par perdre l’intelligence de ses visions, il
les a vues ! Qu’il crève dans son bondissement par les choses inouïes et
innommables : viendront d’autres horribles travailleurs ; ils commenceront par
les horizons où l’autre s’est affaissé ! »
Il écrit Le Bateau ivre à dix-sept ans. Neptune,
associé à l’ivresse, la Maison V en Poissons, le Cancer au Milieu du Ciel et le
trigone entre Mercure et Neptune en signes d’Eau soulignent son inspiration
créatrice. À cet âge, il n’a encore jamais vu la mer.
Neptune en dignité, carré à Mars en Sagittaire, semble se
manifester dans l’image des « Peaux-Rouges criards ».
Le degré du Milieu du Ciel correspond au symbole suivant : «
Un météore ou une étoile filante. » On peut y voir la précocité de Rimbaud,
l’éclat de son génie et la brièveté de sa carrière poétique.
On date le fameux sonnet Voyelles de l’époque où
Rimbaud mène à Paris sa vie errante d’homme « aux semelles de vent ». La
Balance, le Taureau, Vénus et Neptune peuvent expliquer sa sensibilité aux
couleurs.
Après Une saison en enfer et la fin de sa liaison
avec Verlaine, il écrit Les Illuminations. Il se rapproche alors du
mysticisme.
Suivent de nombreux voyages, en accord avec Mars en
Sagittaire, opposé à Saturne et carré à Neptune, mais sextile à la Lune et à
Vénus.
Il cesse alors d’écrire.
Rimbaud meurt à Marseille le 10 novembre 1891 à 10 h du matin.
Note
C’est notamment grâce aux efforts de Verlaine que l’œuvre de Rimbaud sera publiée et portée à la connaissance du public. Un premier recueil, intitulé Le Reliquaire. Poésies, paraît en 1891, tandis que Rimbaud agonise à Marseille. Les Poésies complètes, accompagnées d’une préface de Verlaine, paraîtront en 1895. L’édition de 1895 conservée par la BnF porte bien la mention d’une préface de Paul Verlaine.
| La rose Arthur Rimbaud * * * |
Remarque : pour écrire cet article, je me suis inspirée du Manuel d'astrologie médicale d'Hadès (Editions Bussière, deuxième édition, 1985).
