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 Qui suis-je ? 


Votre scribe explore les constellations littéraires et cartographie les imaginaires célestes. Entre Pluton rétrograde et Proust en pleine expansion, je navigue à vue dans les méandres de l’astrologie et de la littérature, armée d’un stylo, d’un télescope et d’un sens de l’humour légèrement décalé.

Fondatrice de Plumes & Planètes, je conçois ce site comme une plateforme académique et ludique où les fiches d'écrivains et écrivaines côtoient les profils astrologiques et où les corpus se structurent avec autant de rigueur que de fantaisie. Mon ambition : offrir aux curieuses, aux chercheurs et aux rêveurs un espace où les signes du zodiaque dialoguent avec les figures de style et où l’on peut enfin poser la question : Que pense Mercure de Marguerite Duras ?

Entre l’étoffe des mots et la course des planètes, Plumes et Planètes trace des cartes où l’on lit autant le texte que le destin.

Remarque : des articles humoristiques sont nécessaires, non pas pour rire de l'astrologie, mais pour rire avec notre grande Dame Uranie.

 😀 

Un peu de sérieux : Le doute raisonnable en astrologie


Première partie

"Je est un autre" (Rimbaud)



Je doute de la pertinence astrologique, tout en y croyant, ce qui est très incommode.

Certes, l’astrologie n’est pas une croyance. Accordons-lui donc le titre d’ « étude » humaine, voire de « science humaine », et comme telle, soumise à diverses fluctuations.

Mon problème essentiel provient des métaphores, analogies et mythes transformés en preuves.

Je ne m’oppose pas au langage évocateur mais à ses dérives conceptuelles. Il faudrait donner une définition opérationnelle de ce langage.

Les métaphores et les analogies permettent de comprendre le réel, qu’elles soient utilisées par les poètes ou les scientifiques (style « trou noir » ou « naine blanche »). 

On ne reproche pas au poète ses jeux de langage. Il n’en respecte pas moins les règles d’orthographe ou de grammaire. En tant que littéraire, je peux utiliser « trou noir » ou « degré de liberté » sans savoir très bien de quoi il s’agit. 

Mais si je veux me réclamer de la « science », je dois respecter les règles du jeu. Si je tiens à respecter le terme « science », je dois être prudente en ce qui concerne les sciences humaines (ou sociales) si j’utilise des concepts issu des sciences exactes. Il est vrai, bien entendu, que les objets d’étude de la physique (par exemple) sont plus aisément vérifiables et protégés contre les errements verbaux.   

Les sciences dite humaines (et donc l’astrologie, accordons-lui ce qualificatif) sont complexes et incitent à la rigueur.

On peut discuter ad infinitum des avantages et inconvénients de l’utilisation des métaphores et analogies. Toutefois, ne confondons par la carte et le territoire ou le menu et le repas.

Pour terminer, la mythologie fait partie d’une culture millénaire. Toutefois, prétendre que les divinités grecques ou latines sont à l’œuvre dans l’inconscient collectif (et notamment en astrologie) me laisse perplexe.

En guise de conclusion à cette première partie, je dirai que les analogies, les métaphores et les mythes ne sont pas des preuves, mais simplement de merveilleux et fascinants moyens de rhétorique.

Et j’en suis bien malheureuse.

Deuxième partie

Professeur de Lettres, je me suis intéressée assez tard à l’astrologie, avec les réserves que je viens d’énoncer. Il me paraît cependant intéressant d’approcher nos écrivains et écrivaines d’une manière fort peu conventionnelle dans nos salles de classe : comprendre leurs œuvres à travers leur thème de naissance.

C’est un travail relativement ardu : si la Maison III semble prioritaire, ainsi que la position de Mercure, cela ne suffit pas. En outre, pour certains auteurs et autrices, nous ne disposons pas toujours de l’heure de naissance. Cela n’empêche pas de dresser le TN en tenant compte, entre autres, du zodiaque archétypal et de la position des planètes, notamment Mercure (écriture), Neptune (inspiration) et la Lune (imagination), pour schématiser.   

Parvenue au terme de cette de cette brève introduction que je viens de relire, je ne peux que constater la dualité mercurienne qui me caractérise – ô combien inconfortable -, preuve s’il en fallait une, de la « justesse » de l’astrologie : le Gémeaux, signe duel par excellence, pense une chose et son contraire. Cet inconfort a ses avantages : il me permet de relativiser et de ne pas me laisser fasciner par l’astrologie. Mon TN présente un stellium (dont le Soleil) en Gémeaux, un axe FC/MC en Gémeaux/Sagittaire et, en Maison IV Gémeaux, Vénus et Mercure R. Mars, maître du NN et de la Maison II, est en Maison III (en Taureau), celle de l'écriture notamment. Mes activités principales sont l’enseignement, la conversation, la lecture et l'écriture et ma pièce préférée est évidemment mon bureau avec tout un mur de livres.

Je voudrais enfin insister sur la fascination, parfois inquiétante, que peut exercer l'astrologie sur ses adeptes, qui ne vivent que pour elle, par elle et à travers elle. L’astrologie nous ouvre certes quelques portes, mais nous ne connaîtrons jamais la vérité ultime. Si Maya veut bien entrouvrir l'un de ses innombrables voiles, n'allons pas trop loin, et méfions-nous de notre orgueil tant intellectuel que spirituel.

Troisième partie : karma, méfiance et attirance

Oui, le mot "karma" attire immédiatement l'attention en ce siècle troublé où la civilisation judéo-chrétienne agonise.

Le karma n'est rien d'autre que la loi de l'action / réaction, inhérente à la nature et à son équilibre, une loi simple de la physique.

Mais qui dit karma, dit "réincarnation", et voilà un autre grand mot lâché. Oui, il paraît intéressant de revenir, de renaître et de recommencer... en mieux. 

Mais attention ! Ne faisons pas du syncrétisme en mêlant à nos archétypes occidentaux ceux d'un Orient lointain. Le bouddhisme ne dit pas que nous revenons, "nous". Nous autres, peuples de l'Occident, avons du mal à nous défaire de notre individualité. La philosophie orientale est bien plus à l'aise sur la question : l'individu n'existe pas en tant que tel. L'âme, oui sans doute, mais une âme bien plus vague que nous ne nous l'imaginons. Du reste, le but final est de se perdre dans le Grand Tout, c'est à dire dans le Grand Rien (le nirvana).

Non, nous ne souhaitons pas cela...

C'est ici que commencent les problèmes avec le syncrétisme : une pincée de ceci, un zeste de cela, un saupoudrage d'autre chose, et nous voilà avec un cocktail explosif. Car ce cocktail est un grand menteur.

Donc, soit nous sommes bouddhistes et nous nous arrangeons de la perte de notre "Moi". Soit nous restons chrétiens, et nous le gardons.

Il existe une autre alternative : la réflexion et l'hypothèse mais pas de conclusion. C'est en tout cas le chemin que j'ai suivi, ou plutôt celui que mes expériences m'ont conduite à suivre.

Et n'oublions jamais que ce qui compte, ce n'est pas le but, mais le chemin.

Cheminons ensemble, si vous le voulez bien...

Tina Malet



Remarques: 

1/ spécialiste des fautes de frappe 😊

2/ Nul n'est censé ignorer le code de la propriété intellectuelle. Si vous souhaitez utiliser l'un des articles du site, je vous prie de bien vouloir en signaler le lien. Merci !  

* * * 

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